Comme avoué lors du lancement de la rubrique, je veux que ma vie soit comme dans un film, trépidante comme un thriller mais qui finit bien comme une comédie romantique. Et si pour commencer, on s’inspirait de nos films préférés pour pimenter nos vies ? Et si on leur piquait un look, une recette, une musique, un lieu-culte ? Alors comme promis, je vous propose de quoi faire un peu votre cinéma au quotidien…

Ce mois-ci… je me perds dans la Gare Du Nord de Claire Simon !

As I admit it when we launch this column, I want my life to be just like a movie, exciting as a thriller but with a happy ending like in all the good romcoms. So, why not being inspired by our favorite motion pictures to spice up our lives? Why not stealing a look, a recipe, a music, a place to be from them? And as promised, I propose to you, dear readers, something to bring the magic of cinema in your daily life…

This month, I discover the Gare du Nord railway station of Claire Simon !

Chronique film Gare du Nord

Chaque jour, environ 700 000 personnes se croisent sans se voir dans cette fourmilière géante qu’est la Gare du Nord. Dans son film éponyme, au cœur de ce grand tourbillon, la réalisatrice Claire Simon fait se rencontrer les trajectoires de quatre personnages, comme une petite parcelle de tendresse extraite de cette fascinante masse. Il y a Sacha (François Damiens) qui recherche sa fille, une adolescente fugueuse, et Joan (Monia Chokrit) déchirée entre ses obligations professionnelles et sa vie de famille à Lille. Et surtout il y a le couple central et inattendu formé par Mathilde (Nicole Garcia, très touchante) une professeur de fac en plein traitement contre le cancer et Ismael (Reda Kateb, formidable) un jeune homme qui enquête sur la gare pour nourrir sa thèse et nous guide dans ce fascinant monde en mouvement. Entre réalisme et poésie, le récit nous emporte dans un voyage au décor unique, dur et attachant à la fois. Fil conducteur de ces nombreuses rencontres aussi vibrantes que les trains, la gare du Nord devient un concentré d’humanité avec tout ce qu’elle peut contenir de violence mais en s’éloignant de cette image hostile et insondable souvent véhiculée.

On quitte le film avec l’envie de faire l’expérience physique de la gare et de prendre le temps de regarder autour de soi. Alors, pour prolonger la sensation, on clique sur ce documentaire interactif et passionnant réalisé par Claire Simon, sorte de compilation de ses recherches et proposé sur le site de Télérama et on va ensuite déambuler dans les couloirs à la recherche des personnages. Comme eux,  en anonyme, on se frotte au flot de voyageurs sur le parvis et on va prendre un café à l’Alizé pour imaginer  les vies de toutes ces petites fourmis plus ou moins pressées…

Every day, about 700 000 people meet in the giant Gare du Nord without seeing eachother. In her eponymous film which takes place in the heart of this great storm, the director Claire Simon brings together the trajectories of four characters, like a small piece of  tenderness extracted from the mass. There is Sacha (François Damiens) who searches for his daughter, a teenage runaway, and Joan (Monia Chokrit), a young woman torn between her professional obligations and her family life in Lille. And above all there is the central and unexpected couple formed by Mathilde (Nicole Garcia, very touching) a college professor receiving a heavy treatment against cancer and Ismael (Reda Kateb, great) a young man who investigates the station to feed his thesis and guide us in this fascinating world in motion. Between realism and poetry, the story takes us on a journey in one place, hard and endearing at the same time. Common thread of these many meetings as vibrant as the trains, the Gare du Nord is a concentrate of humanity with all the violence it may contain, but away from the often hostile image portrayed.

We leave the movie with the desire to physically experience the station and take the time to look around. So, to extend the feeling, click on this interactive and exciting documentary directed by Claire Simon, sort of compilation of her research. Then, let’s wander in the station looking for the characters. Like them, anonymously, we will mix with the travelers and have a coffee at the Alizé bar to imagine the lives of these little ants more or less in a hurry …

Chronique film Gare du Nord

Chronique film Gare du Nord

Et puis parce que c’est quand même un lieu mythique, voici un petit rappel historique ! L’essor du chemin de fer en France dans les années 1850 entraine rapidement l’émergence d’un nouveau type de construction dans le tissu urbain : la gare.  La première gare du Nord est édifiée en 1846 mais elle est rapidement jugée trop petite. Pour la petite anecdote, le bâtiment initial est donc en partie démonté ; sa façade de pierre, ensuite surmontée d’un étage et d’une horloge est remontée à Lille et c’est la façade actuelle de la gare de Lille-Flandres. La gare du Nord est donc reconstruite dès 1857 à la demande de la Compagnie des chemins de fer du Nord dirigée par James de Rothschild et par l’architecte Jacques Hittorff et mise en service en 1865. La façade, imposante, de style néoclassique, est ornée de vingt-trois statues représentant les principales villes desservies.

And because it is still a mythical place, here’s a little historical reminder! The development of the railway in France, in the 1850s, quickly leads to the emergence of a new type of construction in the urban area: the railway station. The first Gare du Nord was built in 1846 but was quickly judged too small. For the record, the original building is partly dismantled; the stone facade, then topped with a floor and a clock is raised in Lille and is the current front of the station Lille-Flandres. The Gare du Nord is rebuilt in 1857 at the request of the North Railway Company led by James de Rothschild and by the architect Jacques Hittorff and commissioned in 1865. The frontage, imposing, in a neoclassical style, is decorated with twenty-three statues representing the major cities served.

Écrit par Marie-Emilie Michel / Written by Marie-Emilie Michel