Comme avoué lors du lancement de la rubrique, je veux que ma vie soit comme dans un film, trépidante comme un thriller mais qui finit bien comme une comédie romantique. Et si pour commencer, on s’inspirait de nos films préférés pour pimenter nos vies? Et si on leur piquait un look, une recette, une musique, un lieu-culte ? Alors comme promis, je vous propose de quoi faire un peu votre cinéma au quotidien…

Cette semaine… je cuisine un Ghormeh Sabzi comme en Iran à la manière d’Ahmad, dans « le Passé » !

As I admit it when we launch this column, I want my life to be just like a movie, exciting as a thriller but with a happy ending like in all the good romcoms. So, why not being inspired by our favorite motion pictures to spice up our lives? Why not stealing a look, a recipe, a music, a place to be from them? And as promised, I propose to you, dear readers, something to bring the magic of cinema in your daily life…

This week… I cook a Ghormeh Sabzi  as Ahmad in the movie « Le Passé » !

Le passé d'Asghar Farhadi

Après « A propos d’Elly » ou encore « Une Séparation », auréolé de son Oscar, Asghar Farhadi  a tourné son nouveau film à Paris et en français. Loin du Paris de carte postale, le cinéaste explore à nouveau le couple, raconte la vie et les tensions qui finissent toujours par éclater. « Le Passé » est un film très fort, bouleversant.

Il raconte l’histoire de Marie (Bérénice Bejo) qui aime Samir (Tahar Rahim) dont la femme est dans le coma suite à une tentative de suicide. Avec trois enfants à eux deux, ils tentent de refaire leur vie et de s’organiser avec cette famille recomposée mais Lucie, la fille ainée de Marie, semble paralysée par un lourd secret. Durant quelques jours, où tout va basculer, Marie héberge Ahmad (Ali Mossaffa), son ex-mari iranien venu pour officialiser le divorce.  Progressivement, le passé resurgit, les non-dits s’expriment. L’intrigue se noue et se cristallise autour du suicide de la femme de Samir que chaque personnage tente de comprendre à la manière d’une intrigue policière.

After « About Elly » or « A Separation », crowned by his Oscar, Asghar Farhadi shot his new film in Paris and in french. Far from an historical Paris, the filmmaker explores again the intimacy of a couple and tells the life and the tensions that always eventually burst. « Le Passé » is a very strong and upsetting movie.

The movie tells the story of Marie (Bérénice Bejo) who loves Samir (Tahar Rahim) whose wife is in a coma after a suicide attempt. Marie has two daughters, Samir a son. They try to rebuild their lives and get organized with this new family but Lucie, the eldest daughter of Marie seems paralyzed by a deep secret. For a few days, as Marie hosts Ahmad (Mossaffa Ali), her Iranian ex-husband here to formalize the divorce, everything is going to change. Gradually, the past resurfaces, the unspoken speaks. The plot develops and crystallizes around the suicide of Samir’s wife because each character tries to understand why it happened, as a detective story.

Le passé d'Asghar Farhadi
Crédit Photo / Photo Credit Carole Bethuel

Asghar Farhadi confirme qu’il est un excellent directeur d’acteurs. Tous sont justes, particulièrement les enfants et Bérénice Béjo n’a pas volé son prix d’interprétation à Cannes tant certaines scènes (dont une, très violente avec sa fille) donnent des frissons et font monter les larmes aux yeux. Réalisateur talentueux et minutieux, avec lui, chaque plan prend une signification particulière (voir la scène d’ouverture, riche de symboles) et rend le résultat final, magistral.

Asghar Farhadi confirms that he is an excellent director of actors. They all act pefectly and with sensitivity, particularly  the children. Berenice Béjo did not steal her acting award at Cannes, some scenes (including a very violent one with her daughter) give chills and bring tears to my eyes.  This filmaker is so talented that each plan has a particular meaning (the opening scene rich in symbols for example) and makes the final result, masterful.

Le passé d'Asghar Farhadi
Crédit Photo / Photo Credit Elra’s Cooking

Pour prolonger le film et faire voyager son palais, je vous propose aujourd’hui de réaliser la recette qu’Ahmad fait dans le film quand il garde les enfants, le premier soir. Il s’agit d’un Ghorme Sabzi,  sorte de ragout aux herbes qui est presque considéré comme le plat national iranien. Il se prépare indifféremment avec du bœuf ou de l’agneau. Il faut également du persil (compter 250g pour 6 personnes), des oignons verts, de la coriandre, des poireaux finement coupés, des pousses d’épinards, du fenouil, du curcuma, le jus d’un demi-citron vert et des limou amani (petit citron vert séché que l’on trouve dans les épiceries iraniennes notamment dans le 15ème à Paris)

Voici les différentes étapes de préparation :

– Couper la viande en morceaux (comme pour un bœuf bourguignon)

– Faire sauter la viande avec les oignons dans un peu d’huile (de colza ou de tournesol)

– Ajouter une pincée de sel, un peu de poivre et 2 cuillères à café de curcuma.

– Préparer les herbes et les légumes verts : laver, sécher et hacher le tout finement.

– Faire revenir les herbes (sabzi en persan) et les légumes verts avec de l’huile (colza ou tournesol) dans une poêle jusqu’à ce qu’ils aient bien ramollis.

– Ajouter le mélange d’herbes à la viande, couvrir avec de l’eau et ajouter les haricots rouges, les limo-amani (faire des encoches dessus), le jus de citron vert. Faire mijoter au moins 2h à feux doux.

Le ghormeh sabzi est prêt quand on voit une huile verte foncée flotter légèrement sur le ragoût. Saler et poivrer avant de servir.

Accompagner de riz basmati. Et, comme le précise Ahmad dans le film, manger le plat à la cuillère !

To extend the film and to travel with food, let’s make the recipe Ahmad did in the movie when he babysits the kids on his first night in Paris. It is a ghormeh Sabzi, a kind of stew with herbs which is almost considered as the Iranian national dish. It’s prepared with either beef or lamb. It also takes parsley ( around 250g for 6 people), green onions, cilantro, finely chopped leeks, the spinach, fennel, turmeric, green juice of half a lemon and limou amani (small green dried lemon, you can find them in Iranian grocery stores).

Here are the stages of preparation:

– Cut the meat into small pieces

– Saute meat with onion in a little oil (from canola or sunflower)

– Add salt and pepper and 2 teaspoons of turmeric.

– Prepare herbs and greens: wash, dry and finely chop them all.

– Saute herbs (sabzi in Persian) and green vegetables with oil ( from canola or sunflower) in a pan until they have softened well.

– Add the herbs mixture to the meat, cover with water and add kidney beans, limo-amani (make notches above), the lime juice.

– Simmer at least 2 hours on low heat.

Ghormeh sabzi is ready when you see a dark green oil float lightly on the stew. Add salt and pepper.

Serve with basmati rice. And, as Ahmad says in the movie, eat the dish with a spoon !

Écrit par Marie-Emilie Michel / Written by Marie-Emilie Michel