Comme avoué lors du lancement de la rubrique, je veux que ma vie soit comme dans un film, trépidante comme un thriller mais qui finit bien comme une comédie romantique. Et si pour commencer, on s’inspirait de nos films préférés pour pimenter nos vies ? Et si on leur piquait un look, une recette, une musique, un lieu-culte ? Alors comme promis, je vous propose de quoi faire un peu votre cinéma au quotidien…

Ce mois-ci… je déambule dans Detroit la nuit ! (Enfin, pas la nuit, on n’est pas vraiment dans un film, même si on essaie, et c’est dangereux en fait!)

As I admit it when we launch this column, I want my life to be just like a movie, exciting as a thriller but with a happy ending like in all the good romcoms. So, why not being inspired by our favorite motion pictures to spice up our lives? Why not stealing a look, a recipe, a music, a place to be from them? And as promised, I propose to you, dear readers, something to bring the magic of cinema in your daily life…

This month… I wander in Detroit by night ! (well, forget by night, you’re not in a movie even if you want to and it’s dangerous !)

Only Lovers Left Alive film  Jim Jarmusch

Only Lovers Left Alive film  Jim Jarmusch

Only Lovers Left Alive film  Jim Jarmusch

Adam et Eve (les références commencent déjà avec les prénoms!) s’aiment entre Detroit et Tanger depuis des centaines d’années. Normal ce sont des vampires. Mais, film de Jim Jarmusch oblige, on est loin de Twilight ! Les vampires n’ont plus rien de terrifiants, ils sont plutôt des junkies qui s’enfilent leur dose de sang humain comme d’autres se shootent à l’héroïne. D’ailleurs, ils ne mordent presque plus et se procurent du sang frais « à la source », dans les centres de transfusion sanguine. Les deux amoureux éternels ont donc traversé les siècles à la manière de deux dandys hyper classes. Eve (Tilda Swinton, subjuguante) a pour meilleur ami Marlowe (John Hurt) et Adam (Tom Hiddleston) vit reclus avec ses guitares et les souvenirs de ses fréquentations passées qui ne sont autres que Shubert, Shakespeare ou Lord Byron. Leurs errances nocturnes, notamment en voiture dans Detroit, sont aussi oniriques et hypnotiques que la bande-son est envoutante. Seule la soeur d’Eve (Mia Wasikowska) incarne, de façon réjouissante, la modernité et une certaine vulgarité qui perturbe soudainement l’équilibre du couple, lorsqu’ils se retrouvent tous les trois.

En désactivant toutes les conventions du genre (pas de traque, quasiment pas de meurtre!), le réalisateur nous propose un film poétique, plein de métaphores sur sa vision de la vie et la lassitude d’exister dans un monde qui ne sait que fuir en avant dans une course bruyante et vaine. Dès le début, le tournoiement des plans d’ouvertures nous embarque dans cette histoire d’amour servie dans un écrin formel merveilleux. Difficile de ne pas avoir envie de partager leurs nuits si romantiques, qui, malgré le spleen qui plane, sont définitivement bien plus belles que nos jours.

Adam and Eve (the references are already starting with the names!) live and love each other between Detroit and Tangier for hundreds of years. Normal, they are vampires. But,  it’s a Jim Jarmusch’s movie so it’s far from Twilight! Vampires aren’t terrifying anymore, they rather looks like junkies in need of their dose of human blood as others cry for a shoot of heroin. Moreover , they almost never bite and provide fresh blood directly in blood transfusion centers. This two eternal lovers have therefore crossed the centuries like two very classy dandies. Eve (Tilda Swinton, subjugating) ‘s best friend is Marlowe (John Hurt) and Adam (Tom Hiddleston) recluses with his guitars and the memories of his past associations that are no other than Shubert, Shakespeare or Lord Byron. Their nocturnal wanderings, including by car in Detroit, are as dreamlike and hypnotic as the soundtrack is captivating. Only Eve’s sister (Mia Wasikowska) embodies, in a very refreshing way, modernity and a certain vulgarity that suddenly disturb the balance of the couple when they are all together.

Disabling all the conventions of the genre (no stalking, almost no murder!), the director offers us a poetic film full of metaphors about his vision of life and the difficulty to exist in a world that only knows how to escape forward in a noisy and useless race. From the beginning, the whirling plans in the opening scene take us in this love story served by a stunning formal setting. It’s then hard not to want to share their romantic nights that are, despite the spleen, definitely more beautiful than ours.

Alors, direction Détroit ! La ville, avec ses bâtiments industriels abandonnés depuis la crise automobile, semble figée dans le temps, à l’abandon, et devient un personnage à part entière du film. Parmi tous les édifices délabrés, le lieu idéal pour revivre les balades de nos deux amants reste le Michigan Theatre dont on voit les ruines dans une séquence magnétique du film. Inauguré le 23 Août 1926, ce superbe cinéma de 4000 places pouvait accueillir dans son lobby un millier de personnes qui attendaient la prochaine séance. Son paradoxe est qu’il est né grâce à l’industrie automobile, qu’il a vécu et déclina avec elle jusqu’à sa fermeture définitive en 1970. Mais une fois encore c’est la voiture qui le sauve de la destruction puisqu’il est devenu un parking! Pour y pénétrer, s’adresser à l’accueil du 238 Bagley Street! Il ne reste que d’imposantes colonnes, des plafonds et de somptueuses voûtes qui valent le coup d’œil…surtout si vous montez jusqu’au dernier étage.

A défaut de pouvoir s’y rendre, les photographies de Romain Meffre et Yves Marchand, publiées en 2010, sont captivantes. La photo ci-dessous en est extraite.

So, let’s go to Detroit ! The city, with its abandoned industrial buildings from the automobile crisis, seems frozen in time and become a full-fledged character in the film. Of all the buildings dilapidated, the perfect place to walk in our two lovers feet remains the Michigan Theatre. We see its ruins in a magnetic scene in the movie. Launched in August 1926, this stunning 4,000-seat theater could accommodate in its lobby a thousand people waiting for the next session. His paradox is that it was born with the automobile industry, it has lived and declined with it until its final closure in 1970. But again, it is the car that saves the building from destruction as it became a parking lot! To enter, go to 238 Bagley Street! There are only imposing columns, ceilings and sumptuous arches left but they are worth a look … especially if you climb to the top floor.

If you can’t go there, Romain Meffre and Yves Marchand have published captivating photos. The picture above is from them.

Only Lovers Left Alive film  Jim Jarmusch

Écrit par Marie-Emilie Michel / Written by Marie-Emilie Michel