J’ai longtemps hésité à parler du film The Neon Demon de Nicolas Winding Refn, tout simplement parce que j’avais du mal à trouver les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti. Après Drive, qui m’avait littéralement envoûtée avec son atmosphère, je me suis laissée tenter par l’univers impitoyable de la mode traité comme un thriller/épouvante d’après ce que laissait présager la bande annonce.

Retour au synopsis : une jeune fille, Jesse incarnée par Elle Fanning, débarque seule à Los Angeles pour devenir mannequin. Sa beauté est présentée comme extraordinaire, de nature à faire tourner toutes les têtes et attirer les convoitises. Son ascension suscite beaucoup de pulsions morbides dans cet univers où l’apparence fascine et rend fou.

L’histoire tient dans ces quelques lignes, la performance artistique n’est pas à chercher donc au niveau du scénario qui traite des grands thèmes et maux contemporains souvent décriés : célébrité, narcissisme, vanité, fantasmes, obsessions et violence. Non, ce qui est intéressant dans ce film, c’est son ambiance visuelle et sonore, sursaturée de rouges et de bleus, avec des formes géométriques mouvantes qui rappelle les « giallo » italiens, Suspiria n’est pas si loin.

La photographie de The Neon Demon est magnifique, contemplative de la beauté jusqu’au morbide, comme en témoigne la très longue scène d’ouverture en traveling où l’on voit Jesse poser pour un photographe, couverte de sang sur une banquette baroque dans une mise en scène léchée et terriblement noire mais esthétique. Il faut donc aborder le film comme une expérience visuelle conceptuelle pour ne pas être déçu par l’histoire un peu creuse, comme toutes ces silhouettes filiformes à la recherche de reconnaissance de leur identité …

The-Neon-Demon

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I hesitated for a long time to talk about the film The Neon Demon of Nicolas Winding Refn, simply because I had trouble finding the words to express what my feelings were. After Drive, which literally bewitched me with its athmosphere, I’ve been tempted by the ruthless world of fashion treated as a thriller / horror from what presaged the trailer.

Back to the synopsis: a young girl, Jesse, played by Elle Fanning, arrives alone to Los Angeles to become a model. her beauty is described as extraordinary, such as to turn heads and draw envy. Her rise raises many morbid impulses in this universe where appearance is fascinating and maddening.

The story is contained in these few lines, the art performance is not really in the scenario that deals with themes and contemporary often disparaged evils : celebrity, narcissism, vanity, fantasies, obsessions and violence. No, what’s interesting in this film is its visual and sound environment, oversaturated with reds and blues, with geometric shifting shapes reminiscent of the Italian « giallo », Suspiria is not so far away.

The Neon Demon photography approach is beautiful, contemplative of beauty till morbid, as evidenced by the long opening scene in which we see in traveling Jesse striking a pose for a photographer, covered in blood on a baroque bench in a polished and black but terribly aesthetic staging. You must therefore approach the film as a conceptual visual experience not to be disappointed by the somewhat hollow story, as all these threadlike silhouettes in search of recognition of their identity …